Que pensez-vous de la saison 2008-2009 ?Éric, vous avez été l'homme providentiel, vendredi à Ajaccio, en égalisant durant les arrêts de jeu (1-1). Comment avez-vous vécu cette rencontre ?
Brest a montré deux visages. Un peu terne en première mi-temps, en laissant la maîtrise du match à Ajaccio. Mais on est mieux reparti en seconde période. Quand je suis rentré (à la 62'à la place de Masson), j'ai essayé d'apporter du dynamisme et de la percussion. Ça s'est plutôt bien passé, et je marque ce but dans les dernières secondes...
C'est comme cela que l'on marque, aussi, des points dans l'esprit de son entraîneur ?
Il n'y a qu'en étant décisif qu'on en marque ! C'est pour ça que je joue au foot, pour être sur le terrain, inscrire des buts et donner des passes décisives. Après, il y a des périodes plus fastes que d'autres...
Au-delà de l'aspect personnel, ce but permet à votre équipe de prolonger sa série d'invincibilité, qui est désormais de sept matches (trois nuls et quatre victoires)...
Oui, c'est quelque chose de très important. Déjà, revenir au score à la dernière seconde, cela équivaut quasiment à une victoire. Et ça laisse effectivement cette belle série en cours.
Comment expliquez-vous le parcours de ces dernières semaines, après la période très difficile connue au début de l'hiver ?
En janvier et début février, on avait rencontré des équipes comme Nantes et Le Havre, qui sont au-dessus du lot. Je pense que l'élimination en Coupe de France contre Monaco nous avait fait mal, même si on avait fait un bon match et que l'on était passé tout près de l'exploit. On a peut-être mis du temps à s'en remettre. Il y a sans doute aussi eu un état de fatigue général. Et on sait que dans le foot, quand on est dans une spirale négative... Là, on est sur une dynamique positive et, comme par hasard, on égalise dans les arrêts de jeu à Ajaccio.
Quelle est, à huit journées de la fin, l'ambition sportive du Stade brestois ?
Tout simplement aller le plus haut possible. En début de saison, on avait un objectif qui était le premier tiers du classement. Là, on en est à portée « de pied », et on va essayer d'aller le chercher.
À commencer, vendredi soir, par ce rendez-vous face à votre ancienne équipe...
C'est vrai que ça sera un peu particulier pour moi. J'ai encore pas mal d'amis à Guingamp, comme David Suarez et Yohann Eudeline. J'ai aussi de temps en temps Guillaume Gauclin au téléphone.
Pour bien les connaître, comment les Guingampais vont-ils aborder ce rendez-vous selon vous ?
Je pense qu'ils vont venir pour gagner, parce que c'est un derby et que tout le monde veut l'emporter. Et leur ambition est forcément aussi d'essayer de finir le plus haut possible. À part leur déconvenue la semaine passée à domicile contre Grenoble (1-2), ils sont sur une poule retour très intéressante. Ils voudront donc gagner et nous passer devant au classement (Brest compte 42 points et Guingamp 40). Mais nous, si on les bat, on les met à cinq points derrière... À sept matches de la fin, on aurait alors de grandes chances de finir devant eux, et on sait que c'est quelque chose qui ferait plaisir ici... Il y a donc un réel enjeu, mais sans pression négative.
Pour Brest, le but sera-t-il aussi de faire oublier la dernière venue des Guingampais, dont vous faisiez alors partie, et une traumatisante défaite 2-3 après avoir mené 2-0 à la pause ?
Je me souviens bien de ce match, j'étais rentré à la mi-temps (à la place de Bisconti). On sent que l'environnement brestois a été marqué par cette rencontre. Brest avait fait une grosse première mi-temps et semblait avoir le match en main. Mais on avait tout donné en deuxième période et on avait réussi à reverser la vapeur. C'est un match qui est resté dans les mémoires, et tout le public brestois attend une revanche.