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vendredi 04 juillet 2008

Un « Tour de France » en fauteuil électrique

Alain Cocq et ses deux chiennes, Tosca et Diane, qui l'aident à accomplir son raid en solitaire.  Alain Cocq et ses deux chiennes, Tosca et Diane, qui l'aident à accomplir son raid en solitaire.

Venu en fauteuil électrique de Dijon, Alain Cocq a fait une pause à Guingamp.Avant de repartir il parle de son combat.

Alain Cocq, 43 ans, s'est lancé dans un raid qui le menera jusque dans le Var en fauteuil électrique. Parti de Dijon le 1er juin, il a fait une pause à Guingamp puis Plouëc-du-Trieux. Arrivé dans la soirée de mardi à Guingamp, à la recherche d'un hébergement et d'une prise pour recharger son fauteuil, c'est la brigade de gendarmerie de Guingamp qui lui a trouvé un hôtel pour passer la nuit. Le lendemain, il est parti à Plouëc le Trieux, où il loge chez Jacqueline Bigot au Moulin de Brelidy. Il a débuté son raid par la Bretagne car il « s'entend très bien avec les Bretons ! » et il pense que c'est « grâce aux gens que je suis encore vivant aujourd'hui ». Ceux qu'il rencontre au cours de son périple.

Alain Cocq est atteint d'une maladie dégénérative non stabilisée depuis 22 ans. Une maladie déclenchée à la suite d'une chute mal soignée, qui a provoqué la paralysie d'une jambe. Aujourd'hui 15 à 20 % de son corps n'est plus irrigué. Ce n'est pas pour parler de sa maladie qu'il a choisi de faire ce raid mais pour dénoncer « l'ensemble de la destruction du système de protection sociale ». Alain a 628 € par mois de ressource. Son budget mensuel est vite fait : 450 € de frais de logement et 250 € pour les soins médicaux. Il est déjà en déficit. Il nous dit : « pour moi maintenant c'est trop tard » mais qu'il veut dépasser son « dossier personnel pour soutenir l'ensemble des gens touchés par les mêmes difficultés ».

La réforme sur les nouvelles franchises médicales est son premier cheval de bataille. Pour lui cela représente 28 € de frais en plus par mois. Il considère que « les franchises médicales sont une aberration, car les gens ne peuvent plus se soigner ! » Il remet aussi en cause le projet de mise en vente libre de certains médicaments qui pousse à l'automédication. L'automédication qui, selon lui, « traite les symptômes et pas les causes », car elle repousse toujours à plus tard la consultation et la détection des maladies graves.

En parallèle de sa lutte contre la maladie et les réformes, Alain Cocq est conseiller juridique pour des associations d'aide aux handicapés. « C'est ma maladie qui m'a obligé à me former en droit pour pouvoir me défendre ». Il a rencontré Jacqueline Bigot, bénévole pour l'association Opération spéciale dans le Monde du Handicap, dans le cadre d'une de ces actions.

Si Alain sait qu'il ne pourra plus jamais travailler, il souhaite apporter son expertise. Une façon de « redistribuer ce que la société m'a apporté ».

Ouest-France

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