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Début avril, après des mois d'enquête, les gendarmes avaient effectué plusieurs arrestations, dont certaines dans la région de Guingamp. : archives Ouest-FranceL'affaire, qui s'étend de septembre à février 2007, est l'une des plus lourdes traitées par la juridiction guingampaise. Elle constitue l'épilogue d'un réseau de trafiquants, vendeurs et consommateurs dont les ramifications remontent à La Roche-sur-Yon en passant par Nantes, la région parisienne et Guingamp.
À tour de rôle, leurs dix avocats contestent les liens qui les unissent. « L'instruction recèle d'approximations, manque de preuves tangibles... », martèlent-ils tous.
L'enquête a démarré le 1er septembre 2006, à Guingamp. « Nous avions obtenu le renseignement d'un trafic », explique le directeur d'enquête, appelé à témoigner. Six jeunes Guingampais, connus des services de gendarmerie, sont soupçonnés de consommer et de dealer de la résine de cannabis. Parfois même de la cocaïne et de l'héroïne dans le quartier du Roudourou. « On se dépanne ! », résument-ils à la barre. Ils ont écopé de peines allant de trois mois de prison avec sursis à cinq mois de prison ferme.
« Dope » coupéeau paracétamol
Un long travail d'écoutes téléphoniques et de repérages conduit les gendarmes sur la piste de trois frères vendéens, installés à la Roche-sur-Yon. Ils sont âgés de 23 à 28 ans. L'aîné a un casier judiciaire chargé : 19 mentions dont une peine de dix ans de prison.
En l'espace de trois mois et demi, ils reconnaissent avoir effectué au moins cinq voyages au Pays-Bas. Ils s'y approvisionnaient en cannabis, cocaïne et héroïne qu'ils importaient ensuite. Le 1er février dernier, ils sont interpellés par les douanes, sur le chemin du retour, avec de la drogue cachée dans une voiture tandis qu'une autre leur ouvrait la voie.
En Hollande, ils étaient accompagnés d'un « goûteur ». « Sauf que vous n'avez pas été bon, M'sieur ! », lui lance le président. Les analyses menées sur 243 g de cocaïne et d'héroïne saisis ne révèlent qu'un seul gramme de drogue pure. Le reste était coupé au paracétamol...
C'est cette « dope coupée » qui était, apparemment, revendue sur le marché clandestin breton. 60 € le gramme « pour arnaquer tout le monde ! », ose lâcher l'un des prévenus. À la barre, deux toxicomanes yonnais avouent, eux, une consommation de dix grammes hebdomadaires. « Ça fait du 10 000 €! », calcule rapidement le président.
Un détenu relaxé
L'enquête ne s'arrête pas là. Elle remonte à un détenu de Poissy, qui purge une peine de 7 ans de prison, depuis 2004. Il a été condamné pour avoir été à la tête d'un trafic, en Bretagne, portant sur une tonne de résine de cannabis. Ce trentenaire clame son « innocence » dans cette affaire alors que l'instruction le désigne comme le fournisseur de 5 kg de cannabis aux Vendéens. Antoine Loussot, substitut du procureur abonde dans ce sens, convaincu qu'il « organisait le trafic de sa cellule » d'isolement, de Rennes, à l'époque des faits. Selon le parquet, il aurait même reçu l'aide d'un intermédiaire parisien - un ami d'enfance libre et au casier vierge - qui « chapotait » le réseau... Leurs avocats ont plaidé la relaxe. « Au bénéfice du doute », le tribunal leur a accordé.
Les seize autres ont été reconnus coupables. Ils ont écopé de peines allant d'un travail d'intérêt général à deux ans de prison ferme pour le leader vendéen du réseau. Ils ont également été, solidairement, condamnés à une amende douanière de 28 500 €.
Bruno ALVAREZ.