Édition du mardi 25 septembre 2007

Les Castors : « Je n'ai jamais eu un demi-mot avec mes voisins »

Pour Colette Schmitt, le quartier des Castors évoque des amitiés qui datent de l'après-guerre.

Quartier des Castors, toutes les maisons se ressemblent : robustes, construites avec des plaques grises et du gravier, avec un jardin. En face de l'ancienne chapelle, Colette Schmitt habite dans la maison avec véranda. Dans la véranda justement : fauteuils blancs en plastique, toile cirée surmontée d'un parasol, même s'il ne fait pas très beau, on se croirait dans le jardin. Juste en face, l'ancienne chapelle, qui a fermé en 1995, attend d'être refaite. « Un endroit qui était plein de vie », d'après cette non-pratiquante. Rencontre privilégiée avec cette habitante qui nous parle de son quartier.

Quand êtes-vous arrivée ici ?

Je suis arrivée ici quand mon fils avait six ans. Un jour, j'ai dit à mon notaire que je voulais m'en aller à Ploumagoar, mais finalement, je suis restée. Ca fait donc 49 ans que je suis ici, et je ne le regrette pas.

À quoi ressemblait le quartier au début ?

Au début des années 50, tout a commencé. 135 habitations bon marché ont été construites. Pendant six ans, tout le quartier était en chantier : il a fallu installer les canalisations et la route. Il y avait beaucoup d'employés du chemin de fer, des grands magasins et des ouvriers de l'usine Tanvez. Quand le gros oeuvre n'était pas encore terminé, au début, c'était dur...

Vous ne manquiez de rien ?

Il manquait un terrain de jeu pour les enfants. Avant que la chapelle soit construite, ils venaient sur le terrain en face pour jouer au foot. Maintenant, ils vont dans une grande prairie entre ici et Ploumagoar, rachetée par la mairie. C'est un but de promenade aussi. Et l'école de La Chesnaye a également été construite.

En revanche, la chapelle a fermé ?

Oui, elle était très fréquentée. À la messe de 18 h, samedi soir, c'était toujours pratiquement plein. Elle a fermé il y six ans environ car l'évêché n'avait plus les moyens de l'entretenir, au regret de beaucoup de gens. Aujourd'hui, il ne reste que le bâtiment qui doit servir de hall d'exposition d'art.

Reste-t-il une trace de ces débuts difficiles ?

On a débuté ici tous ensemble. En général, les hommes venaient le dimanche voir l'avancement des travaux. Maintenant on se connaît tous. Je n'ai jamais eu un demi-mot avec mes voisins, il y a beaucoup de solidarité et de gentillesse entre nous.

Quel souvenir, attaché au quartier, gardez-vous ?

Pendant quelques années, à la Saint-Jean, on avait créé un petit comité des fêtes. Tous les 24 juin, les enfants dansaient et chantaient. On passait de maisons en maisons. Il y avait aussi la fête du Petit Paris et la fête de la Sainte-Croix. C'est qu'après la guerre, on était tellement heureux de vivre...

Prochain rendez-vous aérien demain avec le quartier de Castel-Pic.

Ouest-France

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