La sonnerie du collège voisin fait retentir le gong de la récré, tandis que Marie-Louise Tanvez convoque ses souvenirs autour d'un café, dans sa maison de la rue du Général-Leclerc. Cette Guingampaise figure parmi les doyennes du quartier Saint-Léonard - Saint-Dominique. « Vous pensez si je le connais ! J'y suis arrivée en 1939, alors... »
Ces fragments du passé, Marie-Louise les rassemble volontiers pour dessiner les contours de ce quartier qui a bien changé, sous ses yeux. Quand ses parents y élisent domicile, en 1939, ils comptent parmi les premiers habitants de l'actuelle rue du Général-Leclerc autrefois connue sous le nom de Chemin du Carré. Souvenir de son passé champêtre.
« Hormis les deux écoles, le quartier se résumait alors à une vaste étendue de champs où, enfant, il faisait bon gambader, raconte Marie-Louise Tanvez, l'oeil rieur. Nos terrains de jeu couraient de la chapelle Saint-Léonard à la grotte, aujourd'hui inaccessible. Et nous allions à Castel Pic à travers bois. Les adultes, eux, allaient chercher leur lait à la ferme, un peu plus haut. » Petite fille, Marie-Louise se rappelle également du pardon annuel à la chapelle, « une procession bucolique à travers champs », pour laquelle les habitants ornaient de fleurs les calvaires jalonnant le parcours.
Les années 50 signent un tournant pour le quartier. « Les lopins de terre ont peu à peu trouvé preneurs avec l'installation de familles d'employés. » La seconde étape marquante viendra, selon Marie-Louise Tanvez et Patrick Salün, de la tempête de 1987 qui redonne alors un second souffle à la vie du quartier. « Les habitants ont fédéré leurs énergies autour de la chapelle Saint-Léonard qui avait réussi à traverser près d'un millénaire. Ensemble, ces bénévoles ont signé une mobilisation de 12 ans. Refaisant les voûtes, les sols... Les Amis de la chapelle, c'est la colonne vertébrale de cette restauration » observent les deux membres de l'association.
Aujourd'hui, Marie-Louise Tanvez est encore aux premières loges pour observer la mutation du quartier. « Sa population a vieilli, ça ne fait pas de doute. Les maisons se vendent : les habitants décèdent ou vont en maison de retraite. » Ce vieillissement des habitants signe aussi le renouvellement du quartier. Avec le retour de jeunes enfants. « Les familles apprécient la proximité des écoles et du centre-ville. Du coup, c'est un quartier qui vit » se réjouit Marie-Louise, ravie de cueillir les sourires et les petits bonjours que lui distribuent ces nouveaux habitants du quartier.
Prochain rendez-vous aérien, demain, avec le quartier des Salles.