Un vendredi soir sur deux, c'est toute une ville qui vibre aux sons des encouragements du Kop Rouge, sortis tout droit de l'enceinte du Roudourou. Les riverains du stade devraient, selon toute vraisemblance, être les premiers supporters du club cher au maire Noël Le Graët. Et pourtant, « même si c'est une fierté de posséder une équipe qui a joué en première division, il n'existe pas d'engouement particulier dans le quartier » ! Certains habitants, majoritairement des retraités, ont vu le site du Roudourou s'urbaniser sous leurs yeux : « Dans les années soixante, le quartier du Roudourou n'était qu'une vaste étendue de landes ! Il n'y avait aucun stade, ni aucune habitation en ce temps-là » rappelle ce couple de retraité. « Avant 1968, on ne trouvait ici qu'un manoir entouré de jardins et de champs. » Cette transformation brutale s'explique, comme c'est très souvent le cas, par l'industrialisation de la commune. Exemple, avec l'Association des Ouvriers en instruments de précision (AOIP), devenue Alcatel, basée sur la zone industrielle de Grâces, qui est en pleine expansion à cette époque et qui comptera même jusqu'à 1 300 employés. « Et des emplois en plus, c'est des logements en plus ! » D'où ces habitations vite construites et à l'époque très pratiques.
C'est la Semi (Société d'économie mixte) qui est chargée du projet Roudourou. « C'est une innovation en France qu'un tel chantier soit entièrement sous-traité.» En quelques mois, une soixantaine de pavillons et d'immeubles sortent de terre, non sans conserver une partie de la flore existante. « La Semi avait quarante ans d'avance puisqu'elle a enterré d'emblée les fils électriques et téléphoniques dans cet objectif notamment. » À l'évidence, ces propriétaires n'ont que de bons souvenirs concernant la création de leur quartier. Le Roudourou va d'ailleurs rapidement fonctionner comme un petit bourg à part entière ! « Tout était à disposition ! » Une épicerie, un coiffeur, une école et même une chapelle en préfabriqué. « Chaque samedi soir et dimanche matin, les habitants pouvaient se retrouver dans la chapelle. On n'a jamais été adepte des fêtes de quartier mais ce rendez-vous-là attirait du monde ! » La chapelle a été démolie l'an dernier et l'école est aujourd'hui remplacée par un centre de loisirs. Plusieurs habitants sont nostalgiques de l'époque où le quartier était plus animé et aujourd'hui ils craignent pour les coins de verdure préservés au moment des années 60. Trois HLM sont en projet de démolition alors que le stade est quant à lui en pleine expansion. « Une étendue de macadam, ça n'a rien d'esthétique ! » Bien avant le développement du club de football, ces habitants sont attachés à leur environnement actuel. Ici, En Avant fait débat mais cette fois le football n''y est pour rien !
Prochain rendez-vous aérien demain avec le quartier de Saint-Léonard.
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