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A droite, Louis Piriou lors d'une visite à notre rédaction locale. Il était accompagné de deux autres Résistants : Pierre Ziegler et Denise Le Flohic. Une figure guingampaise vient de s'éteindre. Louis Piriou est décédé dans sa 86e année. Né le 12 mars 1922, il était l'un des tout premiers résistants guingampais lors de la Seconde Guerre mondiale. Cet homme, épris de liberté, était un des premiers à « rentrer dans l'action directe » contre les Allemands, se souvient son ami, Pierre Ziegler, cheville ouvrière des anciens du maquis de Coat-Mallouen.
« Chaleureux, dévoué »
En 1944, Louis Piriou, dit « boxeur », était à la tête du maquis de Plouisy qu'il a créé avant le débarquement. « Notre rôle consistait à attaquer les voies de communication et les voies ferrées utilisées par les Allemands », racontait-il dans nos colonnes, lors du 60e anniversaire du débarquement.
À la libération de Guingamp, le maquis de Plouisy entre en vainqueur dans la ville aux côtés des Anglais et des Américains. Après la Libération, les deux maquis, de Plouisy et de Coat-Mallouen intègrent les forces qui poursuivent la libération de Lézardrieux et de Paimpol, aux côtés des Américains. Par la suite, ils rejoindront le front de Lorient. « Cette période fut très douloureuse pour moi. Mon frère, qui était à mes côtés dans le maquis de Plouisy, est fait prisonnier le 2 juillet 1944 à Saint-Laurent, près de Landebaëron. Il sera fusillé. Nous ne retrouverons son corps qu'en septembre 1944 », confiait-il.
Après guerre, Louis Piriou aurait souhaité faire carrière chez les militaires. Finalement, l'ancien chef du maquis de Plouisy est devenu armateur sablier à Pontrieux. Il a été fait chevalier de la Légion d'honneur, à 35 ans. Il a également été décoré de la croix de guerre avec palme, croix du combattant, croix du combattant volontaire. Il a également été médaillé de la Résistance. Ancien président du syndicat des armateurs sabliers, il a également été fait chevalier du mérite maritime. Depuis une douzaine d'années, il se battait contre la maladie. Mais le combat, cette fois-ci, s'est avéré inégal...
Le Plouisyen, Henri Geffroy, ami de la famille, se souvient parfaitement de lui : « J'ai dix ans d'écart avec lui. Il m'a marqué. Il rentrait chez mes parents lorsqu'il revenait, durant la guerre, de ses opérations de plastiquage. Il ravitaillait tous les maquis du secteur, lors d'un gros parachutage en 1944. Depuis 2007, il m'avait demandé de faire le rappel de son temps passé dans la Résistance et du maquis de Plouisy lors de ses obsèques ».
Pierre Ziegler conserve de lui le souvenir d'un type « chaleureux, dévoué, d'un ardent patriote ». « Il a toujours contribué au souvenir de nos actions patriotiques. »
La cérémonie religieuse sera célébrée ce mardi, à 10 h 30, en la basilique Notre-Dame de Guingamp.