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Assumée dans le club, cette décision condamnait, de fait, l'équipe de CFA 2 à faire des miracles en championnat tous les ans, ce qu'elle a fait pendant 3 ans. La descente en ligue régionale a toujours été envisagée chaque année. Ce n'est donc pas par surprise que nous en arrivions là. Nous aurions préféré nous stabiliser en DH. En privilégiant l'adage de Noël Le Graët selon lequel « un club ne meurt jamais sportivement, mais financièrement », le Stade lamballais est toujours vivant, avec 6 équipes en Ligue de Bretagne. Ce passage à vide ne sera qu'une péripétie dans ses 90 ans d'histoires associatives... »
Michel Gland (Stade briochin, relégué de CFA 2 en DH). « Au niveau des jeunes, nous sommes très compétitifs. Notre titre de champions de Division Honneur en 18 ans et notre montée en championnat de France en est le meilleur exemple. Mais au niveau seniors, il y a problème indéniable au niveau costarmoricain par rapport aux autres départements.
Pourquoi ? Il ne sert à rien de tourner autour du pot : c'est tout simplement une question de budget. Pour un club, il est de trois sources principales : les recettes guichet et les cotisations des licenciés, les collectivités locales et territoriales et les sponsors. Les recettes guichet ? Faire venir le public est devenu très difficile. Il y a tellement d'offres sportives à la télé que les gens ont du mal à bouger. Les sponsors ? On a heureusement des partenaires fidèles, mais vu le tissu économique local, leur nombre n'est pas extensible. Reste les collectivités. La ville fait en gros ce qu'elle peut, mais le Conseil Général a fait le choix du professionnalisme. Ce qui revient à n'avoir qu'un seul club important dans le département... Des chiffres ? Quand on évoluait en CFA, notre budget était de 400 000 € alors que la moyenne dans le groupe oscillait entre 800 et 1 Million d'euros. Saint-Malo en DH table sur un budget de 400 000 € et sur 800 000 en cas d'arrivée en CFA2. Nous, on était cette année en CFA 2 000 à 320 000 Euros. Pierre-Yves David qui découvre le foot Vendéen m' a dit avoir été stupéfait par l'importance des budgets...
Voila, c'est tout simplement la raison de la misère actuelle, hors En Avant, du foot costarmoricain. Avouez que pour continuer dans de telles conditions, il faut avoir la foi. Car si le diagnostic est simple, la solution ne nous appartient malheureusement pas... »
Lucien Cornic (Lannion FC, DH) : « Le plus gros problème est financier. Le haut niveau amateur à besoin de moyens supplémentaires pour faire venir des joueurs de l'extérieur. À Lannion, nous avons un déficit de sponsors. Les grandes entreprises lannionaises ont des intérêts nationaux et ne participent pas à la vie locale. Nous avons pourtant besoin de leur aide pour l'emploi de nos joueurs. Autre problème important, nous sommes éloignés des pôles universitaires. Beaucoup de nos jeunes doivent nous quitter pour leurs études et ceux qui restent s'entraînent moins. On souffre aussi d'un manque de spectateurs, mais ce point est commun à beaucoup de clubs. Il est évident que nous aurions besoin d'une aide plus importante de la part des instances départementales. En dehors des emplois de proximité, elle est négligeable. »
Raymond Le Deu (Stade paimpolais FC, DH). « Si en Côtes-d'Armor il n'y a que Guingamp au haut niveau, c'est anormal mais ce n'est pas qu'une simple question de budget. C'est trop facile de dire ça. Trop rédacteur. Certains ont eu de l'argent mais il a été mal utilisé. J'aimerais en avoir plus pour le club mais je ne me plains pas. Il faut dire qu'avec notre budget de 150 000 € pour 300 licenciés, on ne gaspille pas. Tout est restreint : l'eau, les ballons, les déplacements, la restauration... On a aussi préféré l'outil (terrain synthétique) aux subventions. Avec de tels moyens c'est déjà exceptionnel d'être en DH et je ne suis pas loin de penser qu'avec 50 000 € de plus on pourrait atteindre la CFA 2 où c'est plus facile financièrement parce que le Conseil général apporte une aide sur les frais de transport et d'arbitrage. Il ne faut pas toujours se retrancher derrière ce problème de l'argent. Mais il faut aussi comparer ce qui est comparable. A Paimpol dans une commune de 7000 habitants sans grosses entreprises et 8 000 € de subvention municipale, on ne peut pas être placé au même niveau que Lannion et son bassin de population qui compte le double de notre budget. En DH, Saint-Brieuc compte 50 000 habitants et les moyens de trouver de l'argent. Saint-Malo est presque à 450 000 €. On est très loin de ça et pourtant on joue au même niveau. »
Philippe PERON
avec Yvan COURSONet Ronan MENJOT.