PEKIN
(de l'un de nos envoyés spéciaux). Elle avait beau avoir été prévenue, elle est
« impressionnée » par la capitale chinoise où elle est arrivée voilà quelques jours. C'est grand. C'est haut. C'est chaud. Voilà, c'est, ici, dans cette ville immense que Laëtitia la Briochine va vivre les derniers jours d'août. Pas pour y faire du tourisme mais
« une médaille. Avec Anne-Caroline Chausson, ma coéquipière nous croyons que c'est possible de gagner. Nous sommes trois favorite
s. Sans me vanter, je suis l'une d'elle ».Cette nuit, à 4 h, heure française, Laëtitia, née voilà 22 ans à Saint-Brieuc, s'élancera sur la piste de Laoshan, située à 25 km du centre de Pékin. Cette piste, même si elle ne l'a découverte qu'avant-hier, Laëtitia la connaît déjà sur le bout du pneu :
« Nous nous sommes entraînés avec l'équipe de France sur une piste suisse qui présente les mêmes caractéristiques ». C'est-à-dire un terrain de jeu très rapide, relevé, technique. Quelque chose qui ne ressemble pas trop à Brézillé, son antre des Côtes-d'Armor :
« A Pékin, on se lance d'une pente de huit mètres de haut : on atteint les 60 km/h en bas et, ensuite, on a des bosses qui nous font voler quinze mètres. Sur les 370 m du parcours, on ne pédale que dix secondes ».Merci papaÇa lui convient ?
« Assez, je suis une ancienne descendeuse de VTT, j'aime le BMX parce qu'il exige que tout le corps travaille. J'ai d'ailleurs éclaté quand j'ai compris ça : prendre plaisir des sensations de cette discipline. Le BMX est un peu un sport de glisse. J'y ai gagné quand je m'y suis amusée ». Papa Le Corguillé a bien fait d'emmener son fils aîné et ses jumelles dans ses virées à deux-roues. Une championne est née de ces virées en camping-car où l'on chassait les bonnes courses.
Sa Laëtitia est aux Jeux, timide, réservée mais avec l'envie brûlante de « taper » la Britannique Sheneaze Reade, la grande rivale qui démarre si bien les courses. Si bien qu'il lui arrive souvent de les terminer en tête.
La nuit dernière, à pas d'heure, elle s'est élancée pour les deux chronos individuels qui détermineront les places de départ. Les précieuses places de départ d'où découlent des courses en séries faciles ou pas, limpides ou compliquées. Demain, dans la nuit de jeudi, ce sera le grand jour avec, elle l'espère, une cérémonie des médailles vers 5 h 30. Le BMX étrenne ainsi sa première olympiade. Le vélo des casse-cou, mené par des « pilotes », n'avait encore jamais été de la fête aux anneaux. Et voilà pourquoi Laëtitia est là, avec sa copine.
Fabrice Vettoretti, l'entraîneur national qui couve ses deux championnes est serein :
« Elles sont bien, elles sont favorites et elles le savent. Anne-Caroline et Laëtitia terminent bien leurs courses. L'Anglaise les démarre mieux ». Et des deux Françaises qui est la plus, en fin la moins...
« La meilleure ? Anne-Caroline a le plus d'expérience. Laëtitia a les qualités de sa Bretagne : entêtée, jamais battue ». Il a dit « jamais ».
François SIMON.Dernière minute (7h10) : ça commence bien pour Laëtitia Le Corguillé