Édition du mercredi 26 septembre 2007

Castel-Pic, « mon HLM à la campagne... »

Yannick Kerlogot, 37 ans, actuel directeur de l'école de Castel-Pic a grandi dans ce quartier.

« J'avais 5 ans quand les premiers immeubles étaient en construction. C'était en 1974-1975. À l'époque, Castel-Pic était entouré de champs. On y construisait des HLM à la campagne. Il y avait une ferme là où se trouve, aujourd'hui, l'aire de jeux des enfants. C'était la ferme d'une femme que je considérais comme ma troisième mémé : Marie Lasbleiz. Elle avait été expropriée. J'ai le souvenir de ses animaux qui broutaient autour des immeubles...

« Avec mes parents, on habitait le bâtiment A. On arrivait de Saint-Brieuc. Mon papa travaillait à La Poste ; maman, à la Lyonnaise des eaux, d'abord à Saint-Brieuc puis à Guingamp. Castel-Pic, c'était beaucoup ça, à l'époque : des employés qui résidaient là provisoirement dans l'attente de faire construire dans la périphérie notamment à Ploumagoar. C'était le cas de mes parents. On est resté là-bas durant près de deux ans. Mais j'en conserve d'excellents souvenirs.

« Le bois et la prairie autour »

« A l'école, il n'y avait déjà pas beaucoup d'enfants au début. On devait être 15 mômes. Il n'y avait pas encore de mobiliers de classe. J'y ai fait mon année de grande section de maternelle et de CP. À l'époque, il y avait Mme Jaguin et M. Roche. Deux excellents instituteurs qui m'ont marqué. Après il y a eu jusqu'à sept classes.

« Comme tous les mômes, on jouait dans le bois à côté. C'était un endroit de jeux extra. Imaginez donc des immeubles à la campagne et des prairies tout autour...

« Si ma mémoire est exacte, je crois qu'il y a également eu un projet de piscine en plein air dans ce quartier. Le bassin avait été creusé. Mais cette cuvette en ciment, au niveau de la Boissière, n'a finalement jamais servi. J'ai toujours été attaché à ce quartier. C'est celui de mon enfance même si je n'y suis pas resté très longtemps. C'est la raison pour laquelle, quand, il y a quelques années, l'école était menacée de fermeture, j'ai proposé d'en prendre la direction. Je ne pouvais pas me résoudre à ce qu'elle ferme. Ça aurait été la mort de ce quartier populaire. Or, il y a des tonnes de choses à faire, ici, avec les parents et leurs enfants. Denise Le Maître, qui s'occupe de la restauration à l'école, ne dira pas le contraire. Elle a vécu vingt ans, ici. Elle connaît encore mieux le quartier que moi. En tout cas, aujourd'hui, nous sommes fiers que l'école survive même s'il n'y a plus qu'une classe unique de maternelles. On sait évidemment qu'elle reste en sursis. Mais, avec 25 élèves, cette année, soit huit de plus que l'an dernier, Denise, Marie-Laure Marochain et moi avons bon espoir. En tout cas, l'école prouve qu'elle a encore des raisons d'exister. C'est la vie de ce quartier. »

Prochain rendez-vous aérien demain avec le quartier Sainte-Croix.

Ouest-France

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