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Hier, dans le centre-ville de Saint-Brieuc, ce n'était que du bonheur pour les populations et générations de flâneurs d'Art Rock. Corinne quitte son gilet. On devine un tatouage sous la bretelle de son débardeur gris. Ses lunettes fumées servent de serre-tête. Elle est jeune et jolie la place du Chai, le 10 mai, seconde journée d'Art Rock. Les terrasses sont quasi bondées, les pantacourts pullulent, les décolletés bourgeonnent et les flâneurs rêvassent : le centre-ville de Saint-Brieuc prend des airs de capitale et transpire une inhabituelle gaieté. Elle est où l'image du Saint-Brieuc tristounet et pépère ? « C'est une ambiance unique, confie Cécile, de l'office de tourisme de la baie de Saint-Brieuc. Ce week-end sent les arts et brasse les populations et les générations. » À la table du Bistrot : « Whaouh, je suis assortie à l'affiche ! » Cette jeune femme porte du rose, couleur du dépliant du festival. Devant elle, une tablée d'organisateurs qui ont soif de déconnade. Derrière, un Parisien en chapeau, l'air pensif. « Il y a beaucoup de Briochins cet après-midi », constate un serveur.
« C'est carrément le bonheur »
Sabrina, Patricia et Valène promènent leurs bambins en poussette. « On fait le tour de Saint-Brieuc. C'est agréable de voir du monde. » Elles n'iront pas voir de concerts à Poulain-Corbion. « 75 € pour mes enfants de 11 et 14 ans et moi, ça fait cher », pour Sabrina. Nico, dit Couyou, vient d'ouvrir son café, L'Absolute. Il passe l'éponge. La veille, la soirée a réuni devant son établissement 300 à 400 personnes dont « beaucoup de Briochins qui sortent rarement et fêtent leurs retrouvailles pendant Art Rock. Pas un seul problème, grosse ambiance : c'est carrément le bonheur. »
Il est aussi dans le pré. Au parc des Promenades, le spectacle de Royal de Luxe a affiché complet - 1 500 spectateurs - trois quarts d'heure avant le début. Des centaines et des centaines de festivaliers n'ont pu y assister. Depuis, elles coulent un jour heureux assises dans l'herbe du tribunal. Justice ? Pas de panique, « au niveau ordre et sécurité publique, tout se passe bien », confie un chef de la police municipale posté rue Jouallan.
Là où Bastien, étudiant rennais et bénévole rattaché au « cattering », vient de signer une pétition en faveur de Marie Lombo, Congolaise installée à Saint-Brieuc qui est menacée d'expulsion. Deux cents signatures en deux heures : les jeunes et les familles militent même pendant Art Rock. Ne vous en faites pas pour le merchandising du festival. Sous la tente du stand installé dans le village, « il y a plein de familles qui passent ». Les tee-shirts à 19 € en fibre de bambou partent comme des petits pains.
« C'est sûr, confirme l'office de tourisme, c'est le premier week-end de l'année où les gens soufflent. Cet après-midi, ils ne sont pas devant la télé. » Tu m'étonnes !
Jérôme BEZANNIER.