En bon Guingampais, Didier Rey concède du charme à tous les quartiers de la ville. Ici les vieilles bâtisses Renaissance, là les élégantes demeures du début du siècle... À chacun son petit supplément d'âme. Mais c'est la Madeleine qu'il goûte quotidiennement. « Simplement parce que les souvenirs que j'y associe sont plus forts qu'ailleurs. »
Resté fidèle à ce quartier qui l'a vu pousser, Didier s'y est établi depuis belle lurette. Autant dire que les histoires se ramassent à la pelle... Ses premiers souvenirs remontent aux bancs de l'école publique où il a usé ses fonds de culotte. « Des années marquées par des instituteurs du cru au caractère bien trempé, de vrais bourrus qui nous menaient à la rude ! » Et le foot, déjà. Avec les premiers matches dans la cour de récré.
Ce mordu du ballon rond raconte : « À cette époque à Guingamp, le foot développait le sentiment d'appartenance à un quartier. Les matches que l'on disputait contre les autres écoles primaires de la ville ont forgé les quartiers dans l'esprit des gamins. »
De ces années 60 à La Madeleine, Didier Rey se rappelle d'une vie de quartier essentiellement articulée autour de l'école et de la cité HLM. « Les commerces se comptaient sur les doigts d'une seule main. Mais il y avait une dimension humaine, sur fond de mixité sociale, avec diverses sensibilités politiques, à dominante de gauche tout de même. On y coulait des jours simples et paisibles. »
Le quartier tel qu'on le connaît aujourd'hui, émergeait tout juste. « Les maisons ont commencé à sortir de terre dans les années 70, les nouveaux habitants appréciant de se trouver à un saut de puce du quartier Saint-Michel, plus animé. » Par la suite, parmi ses derniers changements marquants, La Madeleine a vu se reconvertir en bowling son historique vélodrome, qui avait fait les belles heures du quartier dans la première moitié du siècle dernier, où la petite reine faisait affluer les foules autour de courses cyclistes mémorables. « Seulement, le bowling a fait du bruit parmi les riverains à cause du raffut de tous les diables ». Aujourd'hui, la salle omnisports trône en bonne place dans le quartier et on y pratique aussi bien des arts martiaux que du tennis ou encore de la gymnastique. D'ailleurs le lieu est réservé une matinée par semaine aux écoles publiques qui peuvent y amener les enfants se dégourdir les jambes. Un quartier certes un peu vieillissant mais qui, pour le plus grand bonheur des plus anciens habitants, se renouvelle aujourd'hui avec l'arrivée de nouvelles familles.
Prochain rendez-vous aérien, demain, avec le quartier de la gare.